Rapports de fouilles du tumulus de Dissignac de 1970 à 1983
par Jean L'Helgouach



1970

Le tumulus de Dissignac contient deux grandes sépultures mégalithiques à chambre et à couloir fouillées en 1873 par A. Martin et R. Kerviler. Depuis cette époque des enlèvements continuels de dalles ou de pierrailles rendaient l'édifice dangereux, le défiguraient et risquaient, à brève échéance, de le ruiner de façon irrémédiable. D'un autre point de vue, cette énorme butte méritait d'être à nouveau explorée, tant pour préciser la nature des structures internes déjà dégagées que pour rechercher les structures externes.

Deux campagnes de fouilles ont été menées en 1970. Une tranchée a été amorcée sur le flanc occidental du tumulus. Elle a déjà montré que les chambres étaient entourées d'un cairn de pierres sèches, lui-même recouvert d'une chape d'argile extrêmement dure qui descend en gradins vers la base du tertre.

Les entrées des deux monuments ont été nettoyées. Un mur de façade constitué de blocs de granite de 0,60 m de hauteur a été partiellement découvert entre les couloirs (fig. 2). Une grande façade mégalithique formée de blocs de 1,10 m de haut a été dégagée de chaque côté de ces entrées, à l'ouest et à l'est (fig. 1 et 2).

Fig. 1 Entrée du monument A (le plus occidental) et début du dégagement de la façade mégalithque occidentale, à gauche du couloir.

Fig. 2 Entrée du monument B (le plus oriental). Au premier plan, à gauche, le début de la façade basse reliant les deux couloirs. A droite, au second plan, la grande façade orientale.

Les structures de cet ensemble ne sont donc pas semblables à celles, maintenant classiques, des cairns de Barnenez (Plouezoc'h), Carn (Ploudalmézeau), Kerleven (La Forêt-Fouesnant) dans le Finistère et Larcuste (Colpo) dans le Morbihan. A Dissignac les structures internes et de façade sont exécutées en très gros appareil; il s'agit vraiment d'une architecture mégalithique (fig. 3 et 4). En revanche l'enveloppe générale est faite d'argile.

Fig. 3 Couloir du monument B vu de la chambre vers l'entrée. Remarquer le style mégalithique de la construction.

Fig. 4 Détail de la construction de la paroi de la chambre B. Au-dessus des dalles verticales sont disposées d'énormes blocs dont le débordement vers l'intérieur réduit la portée des dalles de couverture.

Les objets découverts, tant dans les zones anciennement fouillées et les anciens déblais que dans les zones intactes (devant les entrées) sont abondants et d'un extrême intérêt.

La poterie la plus commune est étroitement apparentée à la poterie «type Carn», fine, bien lissée, à rebords délicatement roulés. Quelques tessons sont ornés, notamment l'un (fig. 5) qui porte un décor de gros trous imprimés sous un large rebord et qui est très proche du style du vase à piédestal de Larcuste (Colpo). Deux autres tessons sont de type campaniforme.

Fig. 5 Tesson de céramique néolithique à large rebord, décoré de pustules et de dépressions circulaires alignées. Ce style est dans doute contemporain du Chasséen occidental.

L'outillage lithique, qui comprend le lot habituel de lames, de grattoirs, de perçoirs, de fragments de haches polies, une herminette en silex noir et une perle en variscite, se signale aussi par la fréquence inhabituelle de petites pièces (triangles, pointes de style «tardenoisien») récupérées grâce à un tamisage intégral de l'ensemble des terres remuées. Cette méthode devrait permettre de réviser quelques notions sur l'équipement matériel au Néolithique. Il apparait de plus en plus évident que les techniques et outillages «mésolithiques» ont persisté durant toute la période néolithique. Enfin il faut mentionner qu'en 1968 M. C. Gallais avait découvert et signalé des gravures sur la face inférieure d'une dalle de couverture de la chambre occidentale. Il s'agit de haches emmanchées et de crosses piquetées sur une surface préalablement polie (fig. 6).

Fig. 6 Dalle de couverture gravée du monument A. Noter le polissage de la surface et le fin piquetage des motifs.

Aussi le tumulus de Dissignac s'avère être l'un des édifices mégalithiques les plus spectaculaires du pays guérandais

1971 et 1972

Deux saisons de fouilles sur le grand tumulus de Dissignac ont permis d'avancer notablement dans la compréhension des structures de cet édifice et d'en aborder la consolidation.

La tranchée occidentale qui recoupe tout le tumulus a été approfondie jusqu'au sous-sol rocheux. Il apparaît maintenant très clairement que 3 enceintes construites se succèdent en paliers. L'enceinte la plus interne, située derrière les chambres, atteint 2 m de hauteur, elle est construite en gros blocs de gneiss. La 2e enceinte est formée, à sa base, de blocs de granite et de quartz posés verticalement et surmontés de galets. La 3e enceinte, plus basse, est une muraille de moëllons. Or, il est remarquable que ces enceintes en pierres parfaitement construites, ne sont que les armatures de puissantes masses d'argile plaquées contre les murs et tassées. Enfin, la base du tumulus est limitée par un simple blocage de pierrailles (fig. 7).

Fig. 7 Tranchée occidentale. Au premier plan, la couronne de pierrailles ceinturant la base du tumulus. Au niveau des jalons, premier mur construit et bloqué par une masse d'argile très en pente (à droite du jalon vertical). A l'arrière-plan, vue du sommet du 2e mur surmonté de galets et d'une longue dalle claire. Ce mur est aussi bloqué par une masse d'argile à fort pendage vers l'extérieur (visible à gauche du sommet du jalon vertical).

Fig. 8 Dégagement du dolmen A: vue sur la partie du couloir qui n'est plus couverte et qui a fourni plusieurs centaines de tessons de poterie néolithique.

Les sondages pratiqués devant chaque enceinte ont montré l'existence d'un vieux sol épais, entre le gneiss et l'argile rapportée, dans lequel il n'a été découvert que quelques tessons assez grossiers.

Le dolmen A a été entièrement nettoyé. La chambre a été grattée jusqu'au roc et cette opération a montré que les piliers des parois avaient été posés directement sur le gneiss du sous-sol. Donc le vieux sol a été remanié. Dans la partie du couloir actuellement non couverte, il a été récolté une quantité extraordinaire de poteries néolithiques fragmentées, mais il semble bien qu'elles proviennent du vidage de la chambre (fig. 8). Toujours est-il qu'il y a là un bel échantillonnage de rebords fins, simples ou roulés, quelques perforations intrapariétales et quelques tessons bien noirs à décor poinçonné et cannelé qui rappelle un peu certains décors du Castellic (Carnac). La surface s'étendant devant la façade basse des entrées a été partiellement explorée (fig. 10). Sous les déblais des anciennes fouilles, la couche archéologique paraît en place et se révèle d'une très grande richesse en poteries. Une 2e perle en séricite verte (et non en variscite comme il avait été dit dans la précédente chronique) a été découverte.

Différents sondages et décapages ont également  permis de retrouver l'emplacement de piliers disparus, spécialement dans la première partie du couloir B (fig. 9).

Fig. 9 Pierre à cupules de la paroi occidentale du dolmen B.

Fig. 10 Dégagement de la façade des entrées, formée de blocs de granite joignant les entrées des deux dolmens. A 4 m en arrière, une seconde structure apparaît: la 2e enceinte.

Les travaux de consolidation entrepris en 1972 ont permis de stabiliser complètement les deux dolmens et de replacer les dalles de couverture encore existantes dans une position aussi proche que possible de l'originelle. Ainsi la chambre A, bouleversée par des excavations intempestives dans l'épaisseur des parois, a été complètement remise en état; les deux dalles de couverture qui étaient toutes deux brisées, ont été ressoudées et remises en place (l'une d'elles est la belle dalle gravée figurée dans la précédente chronique).

Dans le dolmen B, la chambre a été également recouverte en ramenant à sa place la dalle de couverture ripée jadis pour les besoins de la fouille. Certaines dalles du couloir ont été légèrement rehaussées car elles avaient, elles aussi, été victimes de l'enthousiasme des premiers chercheurs.

Ces deux sépultures étant consolidées, la suite des recherches des structures périphériques sera grandement facilitée.

1973 et 1974

Les travaux de fouille et de consolidation se sont poursuivis activement sur le tumulus de Dissignac. Toute la périphérie du cairn central a été dégagée jusqu'au sommet actuel du mur interne qui le maintient. Ce mur n'a pas une altitude constante car le haut du tumulus, riche en pierres, fut exploité en carrière ce qui, de surcroît, mit à découvert les dalles de couverture des chambres. Son tracé n'est pas non plus très régulier, et, au nord de la chambre B, il s'éloigne sensiblement de la courbe idéale; son développement total est de 35 m. A droite du couloir du dolmen B un mur supplémentaire dédouble le mur interne en s'intercalant entre celui-ci et la façade mégalithique. Tout autour du mur interne s'appuie une masse de terre compacte (T.C.I) dont l'altitude maximum, en raison des dégradations du mur, dépasse parfois celui-ci. La pente de la terre, vers l'extérieur du tumulus, atteint 30 à 45° et, par endroits, sa surface est couverte par des paquets de pierres éboulées, ce qui laisse supposer que la partie supérieure du mur interne pouvait être à l'origine dégagée et visible (fig. 11).

Fig. 11 Etat des recherches en 1974. 

A: dolmen à couloir A; B: dolmen à couloir B; 1: mur interne en pierre sèche; 2: enceinte mégalithique ou façade primaire; 3: enceinte et façade secondaire; 4: cairn central; 5: masse de terre compacte I; 6: masse de terre compacte II; 7: masse de terre compacte III.

Au cours de ces recherches, qui se situent donc immédiatement dans le secteur proche de la chambre A, nous avons entièrement tamisé les terres provenant des déblais des fouilles de 1874. La quantité de matériel recueilli est impressionnante: 700 éclats et déchets de silex, 12 lamelles, 2 nucléus, 7 microburins, 10 grattoirs, 1 denticulé, 41 éclats retouchés, 1 racloir, 8 perçoirs, 1 burin, 1 pièce esquillée, 1 lame à deux troncatures, 4 lamelles à coches, 8 microlithes géométriques (triangles et pointes), 5 flèches tranchantes, 1 hache polie, 300 tessons de poterie néolithique avec 66 rebords, 15 tessons décorés et 20 tessons campaniformes. Il faut noter particulièrement la présence d'une industrie de type tardenoisien qui fait penser à une acculturation des populations indigènes.

De part et d'autre des entrées les recherches ont permis de préciser la construction en deux étapes de cet édifice mégalithique. L'enceinte mégalithique formée de gros blocs de granite ou de quartz qui limite la masse de terre compacte T.C.I et qui, actuellement, est masquée par la terre compacte T.C.II, représente la façade initiale du premier tumulus de Dissignac. A ce moment les couloirs n'avaient donc que 7 m de longueur et le tumulus de 16 à 17 m de diamètre (fig. 12). Secondairement les couloirs ont été allongés de 4 m et le tumulus élargi; à cette occasion l'enceinte mégalithique fut masquée, et une nouvelle enceinte plus modeste fut édifiée. Visible entre les entrées A et B où elle est constituée de petits blocs de granite, l'enceinte secondaire, construite en pierre sèche sur le reste de la périphérie du tumulus, y était masquée par une troisième masse de terre compacte (T.C.III).

Fig. 12 Coupe à travers le tumulus, à droite de l'entrée du dolmen à couloir B. Au pied du jalon la masse de terre compacte II, extension secondaire du tumulus, a été décapée pour laisser apparaître les sommets des dalles dressées de la première façade. La terre compacte est exempte de pierres, au contraire des éboulis supérieurs qui sont très mélangés.

Le dégagement total de l'esplanade devant la façade secondaire, sur une surface de 50 m2, nous a permis de recueillir un important matériel. En surface les objets proviennent des déblais des fouilles anciennes, mais en profondeur ils sont à peu près en place, seulement brisés et peu éparpillés. Le silex est, comparativement à la masse découverte autour des chambres, moins abondant et les microlithes très rares. Au contraire ce sont les formes de la poterie qui sont intéressantes par leur variété et, pour certaines, par leur rareté en Armorique. D'après l'examen des rebords, plus d'une cinquantaine de vases peuvent être dénombrés; rebords simples à lèvre en sifflet, équarrie ou arrondie, ou rebords finement ourlés vers l'extérieur. En général la pâte est fine, admirablement lissée et polie. Carènes ou épaulements sont rarissimes; quelques boutons perforés ont été recueillis. Parmi les formes à signaler particulièrement, quelques fragments de plats, une belle assiette à deux perforations verticales et un exemplaire presque entier d'un vase à pied creux décoré de triangles hachurés tout autour de l'orifice (fig. 13).

Fig. 13 Dessin de la reconstitution du vase à pied creux découvert devant la façade secondaire. Ce vase n'a pas le rebord plat et large de certains exemplaires de ce style de poterie; de même le décor diffère de celui du vase de Colpo car il est limité à une bande autour du rebord et il est fait de triangles hachurés et non de poinçonnages.

Les consolidations et restaurations des dolmens A et B sont désormais achevées. La couverture des deux couloirs a été complètée jusqu'au niveau de l'enceinte mégalithique primaire, c'est à dire que, de propos délibéré, nous avons laissé découvertes les adjonctions secondaires des couloirs, c'est à dire les quatre mètres séparants l'enceinte primaire des entrées actuelles. De même, si nous avons totalement restauré les parois droite et gauche de la partie secondaire du couloir B, ainsi que la paroi droite du couloir A, conformément aux traces de piliers arrachés et brisés que nous avons retrouvées, nous nous sommes abstenus de toute restauration sur la paroi gauche du couloir A où nous n'avons retrouvé aucune trace de pilier et où il nous a semblé qu'il avait pu n'y en avoir jamais eu. Au cours des travaux de remise en place des piliers du couloir B, nous avons dégagé le sol jusqu'au roc, ce qui nous a mis en présence d'une couche archéologique d'une richesse considérable: plusieurs centaines de tessons et plusieurs centaines de silex sur un ou deux mètres carrés seulement. Or la poterie est exclusivement néolithique, sans décor, avec de rares boutons de préhension et une anse en ruban, et le matériel lithique comporte un débitage de tous petits nucléus, des microlithes (triangles et pointes) accompagnés de nombreux microburins. On retrouve ici l'assemblage mobilier de la chambre A, et il ne fait pas de doute qu'il s'agit, d'une couche antérieure à l'allongement du couloir; donc, une nouvelle fois, la présence d'outillage de type mésolithique est manifeste. Il est tout à fait certain que cette couche doit se prolonger dans le périmètre délimité par les deux couloirs et les deux enceintes, secteur particulièrement bien protégé des perturbations post-néolithiques.

D'une manière générale le tumulus de Dissignac paraît être un site clef pour l'étude de la poterie néolithique et des relations entre les premiers constructeurs de mégalithes et les populations indigènes. Une étude palynologique du vieux sol prélevé sous la masse de terre compacte I montre une activité humaine intense; l'élevage est certain mais la culture douteuse; les arbres étaient peu nombreux autour de Dissignac.

1975 et 1976

Deux nouvelles campagnes de fouilles, en 1975 et 1976, ont été exclusivement consacrées au dégagement des structures extérieures et à l'étude des niveaux de base du tumulus de Dissignac. La couche supérieure d'éboulis de l'ensemble du quadrant sud-ouest a été enlevée et très soigneusement examinée, ce qui a conduit à y découvrir de nouveaux et nombreux documents qui proviennent certainement de l'ancien vidage de la chambre A dont les déblais, entassés à l'origine au sommet du tumulus, ont coulé le long de la pente; parmi ce matériel, on remarque un fragment d'écuelle décorée, à l'intérieur, d'incisions semi-circulaires concentriques, de nouveaux fragments de vase à décor cannelé, plusieurs tessons d'un vase à pied creux dont le décor est fait d'impressions en fer à cheval, etc.

Après l'enlèvement de cette épaisse couche de terre et de pierrailles mélangées, est apparue la surface des structures encore en place du tumulus originel. A peu près à 12 m du centre du tertre la bordure la plus externe du monument a été mise en évidence; il s'agit donc d'une quatrième enceinte qui, jusqu'alors, n'avait pas été repérée (fig. 14). Or, on peut désormais suivre ce mur en pierre sèche, dont les portions les mieux conservées ne dépassent pas 0,50 m de hauteur, sur une longueur de près de 25 m, depuis le niveau de l'entrée du couloir A jusqu'à l'axe ouest. On notera par ailleurs que cette structure est très faiblement convexe, et l'on peut déjà se demander quel est le plan de base du tumulus, circulaire, ovoïde ou trapézoïdal.

Fig. 14 Plan général des recherches en 1976.

A et B: dolmens à couloir; 1: mur central en pierre sèche; 2: enceinte mégalithique; 3 et 8: murs en pierre sèche de la seconde période; 4: cairn central; 5, 6 et 7: masses de terre compacte de remplissage.

De cette limite, maintenant définitive, une première masse de terre compacte monte rapidement vers l'intérieur du tumulus, jusqu'à buter, vers 1,20 m de hauteur, sur le second mur en pierre sèche, que nous connaissions bien dans les sondages initiaux sur le flanc occidental où il présentait une section verticale. Par chance, les nouveaux décapages ont permis de découvrir une portion de ce mur beaucoup mieux préservée: il apparaît que cette construction se poursuivait hors de la masse de terre compacte sous forme d'un recouvrement en écailles avec une pente de 45° conduisant à la troisième enceinte. Ainsi s'éclaircit notablement le problème de l'aspect extérieur du monument à la fin de son édification; le rôle des masses de terre compacte était d'assurer un bourrage et un contrefort devant chaque muraille mais aussi de supporter la carapace de pierres plates qui formait l'architecture visible, probablement en gradins comme dans les autres cairns armoricains.

La troisième enceinte est celle dont la base est formée de blocs fichés verticalement, et on peut la considérer comme la façade extérieure d'un premier stade de construction. Elle est pratiquement invisible, actuellement masquée par la terre d'où émerge que le sommet des pierres les plus hautes.

Au cours de ces deux campagnes de fouille nous avons réalisé quatre sondages dans le sol sous-jacent aux structures du tumulus; tous les quatre se situent à l'extérieur de la façade mégalithique primaire.

Deux de ces sondages ont été pratiqués au pied du parement le plus externe et sur le flanc sud-ouest du tumulus. De la base de la muraille jusqu'au niveau du roc, le sol possède une épaisseur de 0,30 à 0,40 m; sa couleur est foncée et tranche nettement de la couleur jaunâtre de la terre compacte supérieure; il est également plus graveleux.. Dans toute l'épaisseur de ce sol, de nombreux éléments archéologiques ont été rencontrés: tessons de poterie, microburins, triangles, pointes à troncature oblique, nucléus, éclats de silex, ainsi que des déchets de taille de matériaux variés, chailles, au moins deux types de jaspes et des quartzites gris fins apparentés aux quartzites de Montbert.

Fig. 15 Sondage pratiqué entre les deux couloirs, au niveau de l'enceinte mégalithique primaire dont on voit apparaître quelques éléments. A ce stade, le vieux sol n'est pas encore totalement fouillé. A droite de la photo, quelques éléments de la paroi du couloir B.

Les deux autres sondages ont été conduits à proximité des entrées des dolmens, l'un à droite de l'entrée B, l'autre entre les deux couloirs. Tous deux sont situés devant la façade mégalithique (fig. 15). Ils ont montré que sous l'épaisse couche secondaire de terre compacte qui masque les blocs de l'enceinte primaire, il existe un niveau d'empierrement représentant la surface d'occupation autour du premier tumulus et reposant directement  sur le vieux sol dont l'épaisseur varie de 0,15 à 0,25 m (fig. 16). Toute la couche, du niveau d'empierrement jusqu'au roc, est absolument remplie de tessons de poterie et de silex. En ce qui concerne l'industrie lithique elle est typiquement celle d'un «tardenoisien» moyen avec un fort lot de triangles, de pointes à troncature oblique ou à base retouchée, de microburins, quelques segments de cercle et des nucléus; il s'agit en tout cas très exactement du même assemblage que celui trouvé dans les déblais de la chambre A, les outils de type néolithique en moins. Quant à la poterie elle n'appartient pas au style commun dans les plus anciens dolmens à couloir; elle est de facture plus fruste, avec un dégraissant d'assez gros calibre et un façonnage assez sommaire. La cuisson est également moins homogène. Les rebords sont toujours simples, jamais roulés vers l'extérieur et il existe quelques gros rubans perforés. Des charbons de bois, assez abondants dans ce vieux sol, ont permis d'obtenir trois datations radiocarbone (Gif 3820=5780±150 ans BP; Gif 3822=5940±150 ans BP; Gif 3823=6250±150 ans BP) qui indiquent une période très légèrement antérieure au IVe millénaire. Il conviendra évidemment de connaître les relations entre l'industrie lithique, la poterie et les charbons de bois, mais il est certain qu'il y a là des éléments extrêmement intéressants pour préciser les rapports entre les sociétés mésolithiques et les sociétés de bâtisseurs de mégalithes.

Fig. 16 Sondage pratiqué entre les deux couloirs devant l'enceinte mégalithique. Cette vue montre la coupe stratigraphique: au fond apparaissent des éléments du socle gneissique, surmontés d'une vingtaine de centimètres de vieux sol très foncé. Une couche d'empierrement scelle ce sol; elle est elle-même recouverte par 0,80 m de terre extrêmement tassée et à peu près stérile.

L'occupation secondaire du site est, elle, beaucoup plus récente, puisque des charbons de bois prélevés dans la couche à poterie chasséenne, devant l'entrée du dolmen B, datent du début du IIIe millénaire (Gif 3821=4940±140 ans BP).

Fig. 17 Etat du tumulus en 1976: vue sur les entrées. Au premier plan, la façade secondaire reliant les deux entrées.
Les premières dalles de couverture en place sont au niveau de la façade mégalithique primaire dont on voit les éléments à droite et à gauche des couloirs.

1977 et 1978

Les fouilles du tumulus de Dissignac ont été poursuivies méthodiquement. Le dégagement des structures s'est étendu à l'ensemble du quadrant sud-ouest. Tous les éboulis recouvrant les couches en place ont été enlevés et tamisés; ils ont toujours  livré une quantité appréciable de fragments de poteries et de silex dont une partie provient des déblais rejetés par les anciennes fouilles (fig. 18).

Fig. 18 Représentation isomètrique des structures du tumulus telles qu'elles ont été découvertes.

La base du mur extérieur a été dégagée, mais à sa périphérie une masse de pierrailles s'étend sur une largeur de 2 à 3 m; on y rencontre des poteries brisées sur place par la chute des éboulis, des foyers importants et, à distance régulière de l'enceinte en pierre sèche, des fragments de blocs de granite roulés qui proviennent assurément de la destruction des structures tumulaires. Le problème est de savoir si ces blocs étaient primitivement employés dans la maçonnerie en pierre sèche ou s'ils étaient dressés contre la base du mur extérieur comme parement; cette seconde hypothèse est d'ailleurs fort plausible car elle s'accorderait bien avec la présence de la petite façade mégalithique entre les deux entrées et elle expliquerait aussi la médiocrité de ce qui subsiste du mur en pierre sèche extérieur, à l'origine masqué par de beaux galets de granite (fig. 19).

Fig. 19 Derrière le jalon, les vestiges du mur d'enceinte extérieur maintiennent encore la masse de terre compacte III. Au premier plan les blocs de granite ou d'amphibolite qui proviennent de la dégradation des murailles (août 1977).

Quelques sondages profonds dans ce secteur sud-ouest ont montré l'irrégularité de la surface du socle gneissique. Normalement la roche affleure à une dizaine de centimètres sous le niveau de base du mur d'enceinte et se présente sous forme de plaquettes se délitant aisément; or, en certains endroits, le gneiss n'apparaît que 50 cm plus bas et sous une forme très compacte. Il semble que ces cavités soient le résultat de prélèvements de matériaux pour assurer les bourrages de pierres dans le cairn  central ou derrière certaines des enceintes, voire même pour construire de petits murets. Certaines excavations se poursuivent sous le mur extérieur et ont donc été creusées lors de la première phase de construction; elles ont été comblées par un mélange de terre et d'arène presque stérile.

Pour vérifier la succession des structures du tumulus, mais également pour sonder le vieux sol en divers endroits, une tranchée a été creusée selon un axe radial sud-ouest. Cette opération nous a donc permis d'accéder à la base du tertre; il est intéressant de noter que toute la surface de construction est séparée du vieux sol par une mince couche de cailloutis gneissique constituant un empierrement sommaire. L'extrême pauvreté du sol ancien, reposant sur le gneiss, confirme ce qui avait  été remarqué dans la tranchée occidentale pratiquée dès 1970; elle contraste avec l'extrême richesse de la même couche devant les entrées primaires. Dans cette tranchée l'enceinte mégalithique est apparue sous la forme d'un bloc très fortement penché vers l'extérieur et calé par quelques gros galets; l'idée d'une enceinte primaire dégagée dont certains éléments se seraient écroulés et qui fut masquée secondairement par de nouvelles enveloppes de terre et de pierrailles s'affime donc de plus en plus (fig. 20).

Fig. 20 Coupe axiale à travers les diverses enveloppes du tumulus jusqu'au mur central (août 1977).

D'ultimes sondages ont été exécutés sur l'esplanade qui s'étend devant les entrées pour étudier le vieux sol antérieur à l'occupation chasséenne et atteindre le socle rocheux. Des «carrières» tout à fait comparables à celles observées sur le côté sud-ouest du tumulus ont été mises en évidence. Ces creusements ont inévitablement supprimé toute trace du sol ancien et ont été menés jusqu'à l'apparition du gneiss massif, difficile à débiter; seules les plaquettes superficielles aisément accessibles ont été exploitées. Ici le remplissage des cavités s'est fait par le même mélange de terre et d'arène très pauvre en éléments archéologiques, d'ailleurs très mélangés. Les cuvettes de creusement ne se prolongent pas sous l'extension des couloirs.

Fig. 21 Vue sur la façade mégalithique primaire totalement dégagée entre les deux couloirs (août 1978).

Dans la précédente chronique il avait été déjà question des recherches conduites au niveau  du vieux sol devant la façade primaire (fig. 21) et notamment entre les deux couloirs. Cette étude a été développée et maintenant c'est une surface de 24 m2 qui a été approximativement explorée à ce niveau. Cette aire s'étend de l'arrière de la paroi orientale du couloir A jusqu'à l'arrière de la paroi orientale du couloir B et comprend donc la base du couloir B dans son extension (fig. 22 et 23). La couche de vieux sol est d'épaisseur assez régulière, de 0,15 à 0,25 m (fig. 24) et son sommet est nettement marqué par une couche de cailloutiis ou d'arène; ceci corrobore les observations de la tranchée sud-ouest. Mais on note que cette couche de cailloutis s'interrompt à une vingtaine de centimètres en avant de la façade mégalithique primaire, ce qui indique un creusement dans le vieux sol pour la mise en place des pierres verticales. Le matériel archéologique contenu dans ce vieux sol est toujours très abondant, et les résultats des deux dernières années ont strictement confirmé la nature des industries. Parmi l'outillage de silex, les armatures géométriques sont représentées par des segments de cercle, des triangles et des pointes; elles sont accompagnées de microburins et de nucléus abondants indiquant un débitage sur place. La présence constante de poteries au contact des microlithes reste un poblème particulièrement difficile; cette poterie possède les caractéristiques déjà définies: rebords simples, éléments de préhension à perforation horizontale, décoration par cannelures excessivement rare, dégraissant de grande taille avec d'abondants micas, polissage assez correct mais irrégularités du lissage des surfaces. Cette poterie n'a aucun rapport avec celle des niveaux supérieurs de type Carn ou Chassey. Toujours dans cette couche ancienne on note par endroits l'abondance d'esquilles osseuses brûlées, probablement des reliefs de repas plutôt que des incinérations; l'abondance des charbons de bois et les encroûtements charbonneux sur la surface des vases montrent que les occupations culinaires ont dû se passer à l'endroit même.

Fig. 22 Décapages dans le couloir B dans le vieux sol (cote 299). Les nombreux fragments de poterie apparaissent clairement.

Fig. 23 Décapages dans le couloir B (vieux sol, cote 302). Importants fragments de poterie écrasés sur place.

Fig. 24 Coupe devant la façade mégalithique primaire (à gauche de la photo). Au premier plan, le socle gneissique; le décimètre vertical montre la couche de vieux sol, nettement divisée en un niveau inférieur caillouteux et un niveau supérieur terreux homogène. A l'arrière plan, la partie gauche de la coupe, d'allure compacte, représente un remplissage masquant la façade mégalithique, tandis que la partie droite, caillouteuse, n'est qu'un éboulis.

Il est hors de doute que cette couche et les éléments qu'elle contient sont antérieurs à toute construction mégalithique mais les relations entre silex et poteries ne sont pas claires; remarquons toutefois qu'il n'y a pas de traces d'un outillage de type néolithique.

En face de l'entrée de B, et à très faible distance, dans une très légère cavité dans le gneiss, un foyer bien groupé a fourni charbons de bois et graines calcinées; parmi celles-ci, une céréale ressemblant à du blé et une légumineuse. Ces documents confirment les données de l'analyse pollinique du vieux sol où apparaissent les marques d'un défrichement, d'un élevage et de cultures de céréales.

Fig. 25 Etat du tumulus après la campagne de fouilles de 1978.

1979

De 1970 à 1979, dix campagnes de fouilles consécutives sur le grand tumulus de Dissignac, ont permis d'en explorer toute la moitié s. et de mettre ainsi en évidence les diverses phases de construction et d'occupation du site.

En 1979, outre des sondages devant le mur externe s.-o. confirmant la présence de cavités localisées dans le sous-sol gneissique dues à des extractions de pierrailles pour la construction des murailles et pour les bourrages, une recherche a été menée au coeur du tertre pour tenter d'y trouver des éléments nouveaux susceptibles de résoudre le problème posé par la juxtaposition de microlithes et de poteries dans le vieux sol sous-jacent au mégalithe (fig. 26).

Fig. 26 Stratigraphie à la base du tumulus. A gauche: arrière de la façade mégalithique primaire; à droite: base du mur interne englobant le cairn central. La surface du socle gneissique se présente sous forme de plaquettes; elle est surmontée d'une couche de 0,25 m de vieux sol contenant de nombreux vestiges archéologiques (silex microlithiques, poteries, céréales). Derrière le quadruple décimètre on voit la couche de pierrailles séparant le vieux sol de la construction mégalithique; à quelques centimètres à droite du repère de hauteur, la base d'un mur en pierre sèche intermédiaire repose sur cet empierrement.

Une excavation a donc été exécutée entre la façade mégalithique primaire et le mur central et entre les deux couloirs. Cette partie de l'édifice correspond à sa première phase de construction et l'on pouvait être assuré qu'à cet endroit le vieux sol n'avait pas été perturbé postérieurement à la mise en place des piliers et des murs, donc certainement pas après 3900 BC.

Après avoir enlevé 0,70 m de déblais terreux et pierrailleux remaniés par les prédateurs des belles pierres du mur central, nous sommes arrivés, derrière le mur mégalithique, sur une couche de terre compacte stérile pouvant avoir 0,50 m d'épaisseur, et reposant sur une fine couche de pierrailles la séparant du vieux sol; cette stratigraphie est strictement comparable à celle observée de l'autre côté de la façade mégalithique primaire. Sous les restes du mur central, une couche de déblais ancien provient indiscutablement du creusement du vieux sol lors de l'érection des parois du couloir B; ces déblais noirâtres ne sont séparés du sol en place que par un lit discontinu de pierrailles.

Partout la surface du vieux sol apparait à un niveau sub-horizontal,  vers --270 de la topographie générale; le socle gneissique, sous l'aspect de plaquettes friables et aisément détachables, est atteint entre --290 et --300. Les vingt à trente centimètres de sol ancien très foncé sont divisés en deux couches à peu près égales, l'une supérieure très terreuse, l'autre au contact du socle plus graveleuse. L'arrière de la façade mégalithique et le mur central sont distants d'environ 1,30 m, mais entre les deux, à une quarantaine de centimètres derrière la façade mégalithique, nous avons retrouvé quatre assises superposées d'un mur dont nous n'avions vu, jusqu'alors, que les expansions latérales de part et d'autre des deux couloirs A et B; ce mur complémentaire dessinait une sorte d'arc symétrique par rapport aux entrées, face au s.-e.

Le matériel archéologique trouvé dans le vieux sol ressemble en tout point à celui qui fut découvert devant la façade mégalithique; cependant on notera une très nette diminution de la densité des poteries. Le dégagement d'un bol à bouton de préhension, écrasé sous l'assise de base du mur complémentaire, a démontré que la présence de céramique dans le sol ancien n'atait absolument pas le fait de remaniements ou de perturbations secondaires. Le matériel lithique est particulièrement abondant puisque, sur trois mètres carrés, plus de 3300 silex, jaspes et quartzites ont été recueillis: les microlithes sont des pointes, des segments de cercle et des triangles; le débitage montre la présence de microburins nombreux, de lamelles cassées dans/ou au-dessus d'une coche; les nucleus sont de petite taille évidemment. Aucun outil de type néolithique n'a été rencontré.

Parmi les débris carbonisés la présence de graines de céréales et de vesces, ainsi que des fragments de coquilles de noisettes, est parfaitement assurée.

En l'état actuel du dépouillement des données recueillies sous l'édifice mégalithique de Dissignac, il semble que la répartition horizontale du matériel lithique à éléments géométriques (tradition mésolithique) et celle du matériel céramique ne soient pas exactement superposées; la poterie semble centrée autour du couloir B, devant la façade mégalithique. On peut imaginer que quelques temps avant la mise en chantier du monument, un ou plusieurs petits campements de fermiers néolithiques furent installés sur un sol où précédemment avaient habité (ou stationné) des mésolithiques tailleurs de microlithes. Les poteries abandonnées par les néolithiques furent brisées et dispersées dans un faible rayon et certaines, encore entières, furent écrasées par la pose des premiers moellons de la construction. Les traces d'encroûtements charbonneuses en surface des pots laissent supposer que les débris carbonisés animaux et végétaux sont à imputer au néolithique.

1983

En 1983, une tranche de travaux de restauration a permis d'achever la remise en état de la partie antérieure du couloir A du tumulus de Dissignac. La paroi gauche avait complètement disparu, alors que les plans levés en 1874 montraient qu'à cette époque subsistaient encore quelques piliers et même uen dalle de couverture à cet endroit. Des pierres ont donc été replacées en parallèle de la paroi droite.

Ceci a permis de reconstituer le volume du tumulus sur le flanc s. Dans cette zone, et jusqu'à l'axe occidental qui limite les fouilles, les deux parements secondaires (murs III et IV) ont été régularisés et consolidés; ils ne sont évidemment pas restaurés à leur niveau d'origine qui, d'ailleurs, nous est inconnu (fig. 27).

Fig. 27 Etat de la façade du tumulus après la restauration du couloir occidental et des parements extérieurs.

Fig. 28 Coupe de la base du tumulus sur son flanc occidental. On distingue, à droite, la base du mur III; au centre, le mur IV reposant sur le vieux sol; en avant les éboulis de pierres sont également superposés au vieux sol. La surface du socle rocheux est constituée de plaquettes de gneiss.

Profitant de ces travaux, nous avons effectué une petite fouille sur le flanc occidental pour préciser la stratigraphie des enveloppes extérieures du tumulus. La fouille ne concernait qu'une surface assez faible, depuis le mur III jusqu'à la base des éboulis (fig. 28).

Il est apparu très clairement que le mur IV a été bâti sur une couche de 0,20 m de sol terreux reposant lui-même sur le socle de plaquettes de gneiss migmatique; cette couche de «vieux sol» s'étend vers l'extérieur, directement surmontée des éboulis pierreux provenant pour partie de la destruction du mur IV.

Le sol, qui est antérieur à l'extension du tumulus, n'est pas homogène; on y trouve des paquets de terre de couleur plus claire, et le matériel céramique, très fragmenté, dispersé régulièrement, intimement mêlé au matériel lithique, se trouve parfois en position redressée ce qui dénote des remaniements du sédiment.

Parmi ce matériel l'intérêt majeur tient à la profusion des produits de débitage de divers matériaux, jaspes et quartzites en particulier, et surtout, pour la première fois, nous avons de gros grattoirs en jaspe, qui semblent de facture néolithique. L'origine de ce matériau pourrait se situer dans la banlieue o. de Saint-Nazaire, au n. de Dissignac. Il ne semble pas que l'exploitation de ces jaspes ait fourni des outils de qualité.

A partir de cette fouille nous n'avons pas résolu la question de l'existence éventuelle de blocs de façade comme il en existe entre les deux couloirs. Nous avons une nouvelle fois remarqué la construction très sommaire du mur IV où, à l'exception de l'assise de base formée de blocs assez importants, à parements très réguliers, les pierres sont de tailles très médiocres et très grossièrement agencées. Ceci cadre mal avec la notion de façade extérieure spectaculaire. Ce qui, en revanche, apparaît clairement, c'est la ruine très ancienne des murs car les éboulis reposent directement sur le sol de construction où l'on trouve des vestiges néolithiques assez importants, sans interposition apparente d'un sol post-néolithique.